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mardi 28 septembre 2010

Le fond des bois... version urbaine et moderne

Mes deux accouchements ont eu lieu dans des chambres du côté est de l'aile des naissances. Les fenêtres y donnent sur un coin de verdure entre deux ailes du bâtiment, au-dessus de l'entrée des médecins. À mon premier accouchement, j'étais placée de façon à ne voir que l'aile d'en face, mais ce que je me rappelle surtout, c'est qu'il faisait merveilleusement beau dehors, avec un ciel bleu et un gros soleil. Cette fois-ci, il faisait très beau aussi, mais ma vue était encore meilleure. Par la fenêtre, je voyais les arbres tout près dehors, et aussi la cîme d'autres arbres au fond du stationnement. Le tout donnait l'illusion que l'hôpital était en pleine forêt, avec encore une fois le ciel bleu et le beau soleil. Pendant environ deux heures, c'était plutôt calme, et cette vision me plaisait. Accoucher au fond des bois, quelle idée grano idéaliste, surtout pour une urbaine pure et dure comme moi (je sais, je n'habite plus en "ville", mais on ne sort pas la ville de la fille, surtout après plus de 30 ans!)... Et pourtant, c'était ça. J'ai eu le meilleur des deux mondes. La sécurité rassurante de l'hôpital et la forêt devant mes yeux.

samedi 4 septembre 2010

Rage de ménage

Après la canicule des derniers jours où je n'arrivais à RIEN faire, me voilà dans une rage de ménage. C'est bien connu que ça arrive souvent, juste avant d'accoucher... Sinon, quand fait-on le plus de ménage? Quand on attend des visiteurs. Or, son propre enfant, n'est-ce pas le plus important visiteur au fond? :-) (Ça et que de s'activer physiquement favorise certainement les contractions...)

mardi 31 août 2010

Je suis contente de ne pas être italienne.

On capote parce que le taux de césariennes est élevé au Québec (est-ce 20 ou 25%?). Et on capote avec raison, parce que même si la césarienne est une option utile qui peut sauver des vies et éviter certains problèmes, elle en entraîne d'autres pour la mère (relevailles plus longues et physiquement plus difficiles) et d'importants coûts pour notre système public de santé (hospitalisation plus longue...) qui font qu'elle ne devrait pas être pratiquée sans raison valable. Plusieurs pratiques médicales révolues sont en cause... Je sais aussi que ces dernières années, notre gouvernement a augmenté la rémunération des médecins accoucheurs pour les accouchements vaginaux, de façon à ce que la césarienne ne représente plus un attrait financier pour eux. Cet attrait financier existe ailleurs au monde et donne parfois des taux de césarienne aberrants. Je viens de lire qu'en Italie, ce taux est de 38%! Avec des pointes à 52% et 60% dans certaines régions! C'est épeurant.

jeudi 19 août 2010

Où accoucher? Le billet que j'aurais aimé écrire

J'ai commencé à bloguer dans le monde culinaire. Dans la blogosphère culinaire, la passion règne! Que vous soyez passionnément en amour avec la tendance de l'heure (parfois des trucs exotiques comme le thé matcha ou la fève tonka) ou avec les bons vieux plats traditionnels, vous trouverez des blogues où votre passion est partagée. Idem si vous trippez sur le kale ou si vous le détestez passionnément; idem si vous trippez sur votre machine à pain ou si ses bris et les politiques de garantie du fabricant en sont venus à vous la faire détester passionnément. Peu importe les divergences d'opinion, la passion semble régner et il y a rarement de la chicane ou du "bitchage". Souvent, même les trippeuses d'alimentation saine n'hésitent pas à avouer qu'au nom de l'équilibre, le junk food fait aussi partie de leur vie...

Passons dans la blogosphère maternelle et tout change. Si, en nourriture, on ne discute pas des goûts, en puériculture et en vie familiale il semble en être autrement. L'exemple le mieux connu, je crois, est l'extrémisme au sujet de l'allaitement, où le cas typique est une femme qui allaite plusieurs enfants sur de nombreuses années "bitchant" les préparations pour nourrissons. Mais l'inverse est aussi vrai et j'ai lu des maman qui n'ont pas allaité mettre toutes les mères allaitantes dans le panier des intégristes... Et il en va ainsi pour à peu près tous les gros et petits aléas de la maternité et de la vie familiale. L'endroit où accoucher n'étant pas le moindre.

Avant de continuer, je tiens à souligner que ce manque fréquent de modération n'est pas absolu et que je me trouve généralement bien entourée de copinautes capables de défendre leur point de vue avec de bons arguments, tout en admettant que d'autres puissent avoir d'autres points de vue et que chaque famille, chaque enfant, chaque parent est différent... De copinautes capables d'écrire un billet posé pour se plaindre de certaines pratiques hospitalières, par exemple, tout en reconnaissant que la situation inacceptable qu'elles dénoncent n'est pas nécessairement une pratique généralisée.

Mais il reste encore beaucoup de généralisations et d'opinions tranchées que leur auteure veut sans appel. Dans ce contexte, j'en ai parfois marre de lire la diabolisation des hôpitaux comme lieu d'accouchement, ce qui tranche énormément avec mon expérience. Je respecte tout à fait le choix de celles qui accouchent en maison de naissance ou chez elles, mais sans partager leur désir. Dans un contexte québécois où de nombreux hôpitaux sont "amis des bébés", où le gouvernement a récemment augmenté la rémunération pour les accouchements vaginaux de façon à ce que la césarienne ne présente pas un attrait financier pour les médecins accoucheurs, où nous avons un système de santé public où réduire les interventions permet de réduire les coûts (situation très différente de celle des États-Unis, où les hôpitaux privés ont intérêt financièrement à augmenter les interventions) et, finalement, où il y a actuellement trop peu de sage-femmes pour répondre à la demande de toute façon, oui, il est possible de souhaiter accoucher à l'hôpital! J'en ai marre aussi du rejet de tout dépistage qui va souvent avec l'attitude anti-hôpitaux. Je connais une femme qui n'a pas pris son médecin au sérieux quand elle s'est fait dire d'arrêter de travailler et de se mettre au repos total pour cause de prééclamsie... Résultat, éclampsie sérieuse avec délire et césarienne d'urgence à 34 semaines. Au moins, cette femme et son bébé ont pu être sauvés (pour info, c'était en 1994). J'en connais une autre dont le premier enfant est né prématurément et avec un retard de croissance intra-utérin, probablement dû au fait que le placenta ne fonctionnait plus bien. Cette femme s'était vu REFUSER de se faire prescrire une échographie par sa médecin (c'était en 1982 et sa médecin était sur le bord de la retraite, elle "ne croyait pas à ça ces 'nouvelles' affaires-là"), écho qui aurait pu détecter tôt le retard de croissance et peut-être permettre d'intervenir pendant la grossesse pour améliorer les chances du bébé qui, finalement, a passé beaucoup de temps à l'hôpital dans sa petite enfance... Et ce ne sont pas là des histoires des années 1930! Bref, le dépistage montre généralement que tout va bien, mais il peut aussi montrer des problèmes réels ou potentiels (d'ailleurs, dans notre système public, il n'est payé que lorsque sont coût appliqué à toute la population est inférieur au coût pour le système de santé des problèmes qui ne seraient pas dépistés sinon) et permettre d'agir en conséquence pour favoriser le mieux-être de la mère et du bébé.

Cette longue introduction, qui est en train de devenir un billet à part entière, est pour vous présenter ce billet où ma cousine Marie-Ève explique (en anglais) pourquoi elle choisit de retourner accoucher à l'hôpital pour son deuxième enfant. J'ai vu passer dernièrement une "tag" où une des questions était "Quel est le billet que vous auriez aimé écrire?" et si je ne peux en choisir qu'un, c'est définitivement celui-là. Si vous lisez la langue de Shakespeare, je vous invite à en prendre connaissance. Non seulement je partage son opinion, mais j'admire sa façon d'écrire en général et cette fois-ci en particulier, puisque son billet transmet son opinion avec des arguments solides tout en restant respectueux pour celles qui n'ont pas la même opinion. D'ailleurs, une de ses lectrices a répondu par un autre billet tout aussi raisonné et respectueux, sur l'accouchement à domicile cette fois. Deux choix différents, bien défendus mais sans chicane: quel plaisir à lire et quel bel exemple qui devrait être plus répandu dans la blogosphère...

samedi 14 août 2010

Des contractions? Quécéça?

À ma première grossesse, j'ai ressenti très peu de contractions. Je me rappelle de deux ou trois occasions ici et là dans ma grossesse où mon ventre était devenu très dur au terme d'une bonne marche ou d'une période debout prolongée. Je me rappelle aussi d'une journée à la toute fin où j'avais mal au ventre dès que je me levais, mais où en restant étendue je ne ressentais plus rien. J'imagine que c'étaient de "fausses contractions", celles "de Braxton-Hicks". À part ça, une sensation ressemblant à des crampes menstruelles très légères quelques heures avant de finalement crever les eaux, et finalement, oui, j'ai senti le travail actif (difficile à manquer!). Mais même entre les deux, à l'hôpital, pendant quelques heures après mon arrivée et avant le début du travail actif, le moniteur indiquait des contrations régulières, mais je ne sentais rien.

Cette fois-ci, jusqu'à maintenant, c'est très différent. J'ai de fausses contractions à presque rien, dès que je marche un peu par exemple. C'est vraiment désagréable. Par contre, je pourrais rarement dire exactement quand elles commencent ou finissent. Quand je pense à l'accouchement, je me sens vraiment comme une débutante, je n'ai pas du tout l'impression "d'avoir de l'expérience" ou de savoir où je m'en vais. Si je ne crève pas les eaux en premier (ce que je souhaite, car il paraît que c'est beaucoup moins douloureux!), comment savoir que l'accouchement est imminent? On entend parfois parler de femmes qui ont de fausses alertes, qui se rendent à l'hôpital pour finalement rentrer chez elles après quelques heures sans que rien ne soit arrivé... Avec déjà un bambin à la maison, et puisque j'habite plus loin qu'avant de mon hôpital (et que mon chum travaille encore plus loin!) ce scénario ne m'intéresse pas du tout!

Être un parent, c'est beaucoup d'incertitude, mais je la gère généralement assez bien. Pour l'accouchement, par contre, ça m'embête plus!

jeudi 13 mars 2008

Pourquoi je n'aime pas lire des récits d'accouchement

En lisant (sur les blogues et forums) et en écoutant (à la halte-allaitement, par exemple) des récits d'accouchement, j'ai remarqué des femmes "fières" d'avoir "réussi" à avoir un accouchement naturel et/ou "comme elles le souhaitaient". C'est parce que je n'en peux plus de ce discours que je n'aime pas les récits d'accouchement.

Selon ce raisonnement, faudrait-il avoir "honte" si on a accouché avec des interventions médicales, ce qui revient à "échouer" dans la quête d'un accouchement naturel? À en croire certaines qui s'en excusent presque, ou du moins s'en défendent, on croirait que oui. À en croire aussi certaines réactions de mères "fières" quand d'autres mères "désolées" racontaient leur histoire (c'est fou comme certaines personnes manquent non seulement de perspective, ce à quoi j'espère remédier un peu par ce billet, mais aussi de tact).

Pour ma part, j'ai décidé que non.

Tellement de facteurs peuvent influencer le déroulement d'un accouchement, par exemple:
-Le degré de fatigue de la parturiente (certaines femmes dorment jusqu'à 16h/jour dans les jours ou semaines avant l'accouchement alors que d'autres, pour plein de raisons comme d'être au travail vs en retrait préventif, d'inconfort, d'anxiété, d'autres enfants qui se réveillent la nuit, etc., peinent à dormir quelques heures par jour)
-Le fait d'avoir crevé les eaux ou non (il semble que ça soit beaucoup plus douloureux si les eaux sont crevées)
-La position du bébé (s'il regarde vers l'avant, l'arrière ou le côté): influence la douleur et la rapidité de l'accouchement
-Le moment où ça commence (le matin après une nuit de sommeil ou à 22h, juste comme on allait se coucher; ça influence entre autres la fatigue et la faim, donc l'énergie!)
-Les personnes présentes (et selon les traditions de la famille et/ou belle famille et l'origine ethnique, certaines femmes n'ont peut-être pas autant de pouvoir qu'elles le souhaiteraient pour décider de cet aspect!)
-Les professionnels présents (comment ça clique avec eux, leur philosophie, etc.): sage-femme, médecin, infirmières (celles-là, on ne les choisit jamais, mais elles ont une énorme influence sur le déroulement d'un accouchement à l'hôpital!) ainsi que l'endroit où on accouche et sa philosophie périnatale
-Le conjoint: son attitude, son degré de fatigue à lui aussi... ou parfois carrément sa présence vs son absence
-Comment va le bébé: même si maman est super-zen, si le coeur de bébé faiblit et que l'accouchement n'est pas assez avancé, on peut ne pas prendre de chances et vouloir accélérer le tout pour s'assurer de son bien-être, voire de sa survie!

Et cette liste n'est sûrement pas exhaustive...

Je ne veux pas reprocher ni enlever leur bonheur à celles qui ont accouché comme elles le souhaitaient. C'est tellement agréable quand ça se passe comme on veut! Je veux seulement mettre les choses en perspective, pour tout le monde, car je pense qu'il y a un gros facteur de chance à cause de tous ces facteurs incontrôlables. Et même quand on "a le choix"... Parfois, on "choisit" ce qui est disponible, même si c'est loin de notre idéal (par exemple, en cas de pénurie de médecins!) Aussi, pendant un accouchement, il faut parfois prendre des décisions très rapidement et à tête pas reposée du tout. Et on ne peut pas vraiment "se pratiquer" avant le jour J! Enfin, l'idéal de l'une peut être très différent de celui d'une autre. Par exemple, certaines femmes diabolisent l'épidurale, d'autres la veulent d'emblée, et d'autres en ont une vision intermédiaire...

Tout ceci pour dire que, moi, les récits d'accouchement, je n'en peux plus, parce que j'ai trop lu de femmes se vanter ou se défendre et que je trouve les deux inacceptables.

P.S.: Aux futures mamans qui liraient ceci: je crois toujours que c'est important de se renseigner sur le déroulement de l'accouchement, les méthodes naturelles et pas naturelles contre la douleur, et tout et tout... bref, d'être le mieux "théoriquement préparée" qu'on peut. Mais quand on arrive en pratique, si la belle théorie fout le camp, il ne faut pas s'en vouloir!