vendredi 11 mars 2011

Allaitement et sommeil: amis ou ennemis?

Après avoir connu un allaitement sans aucun problème avec Ti-loup-des-bois, j'expérimente une version plus... rock'n'roll, disons, avec P'tit Chou.

Côté sommeil aussi, il est plus rock'n'roll que son frère. Ou plutôt, côté endormissement. Les deux sont de bons dormeurs, mais P'tit Chou a été plus réfractaire à apprendre à s'endormir seul. Quoique... Avec mon aîné, j'avais tout de suite suivi à la lettre les instructions du livre Enfin je dors... et mes parents aussi. Avec mon deuxième, certaines instructions me semblaient peu pratiques, donc j'ai commencé par la mise en oeuvre partielle de la méthode, par exemple en lui donnant son bain aux deux jours seulement... pour réaliser après quelques jours qu'il ne s'endormait bien que le soir du bain. C'est finalement moins de trouble de donner un bain chaque soir, que de devoir lui faire plusieurs visites avant qu'il ne s'endorme lors de soirs sans bain. Il en est de même pour d'autres éléments recommandés dans ce livre: ce n'est qu'une fois la méthode suivie à la lettre que ça a bien fonctionné, et alors, rapidement. Je prends donc ma part de responsabilité dans le fait que cet apprentissage ait été moins facile pour P'tit Chou.

Pour revenir à l'allaitement, je dois actuellement augmenter la quantité de lait que P'tit Chou consomme et ce, rapidement. Ça implique aussi d'augmenter ma production, qui a diminué suite à sa faible demande. Que lis-je à plusieurs endroits parmi les causes probables d'une diminution de production de lait? "Vous tentez d’espacer les tétées ou « d’entraîner » le bébé à dormir toute la nuit." Je n'ai pas eu à "entraîner" mon fils a dormir toute la nuit, il y est parvenu de lui-même (oui, je sais, je suis CHANCEUSE). Mais, oui, j'ai eu à l'"entraîner", c'est-à-dire à lui apprendre, à s'endormir seul, un apprentissage que je considère important et qui l'aidera à long terme à bénéficier d'un bon sommeil, élément important d'une bonne santé. Je suis choquée de voir cela présenté comme un obstacle à l'allaitement; comme je l'ai écrit plus haut, j'ai vécu un allaitement de rêve avec mon grand, même s'il dormait très jeune de très longues nuits et même après qu'il n'ait plus eu besoin de téter pour s'endormir le soir et pour ses siestes. Je suis persuadée qu'il y a moyen de bien allaiter P'tit Chou sans revenir en arrière pour ce qui est de l'endormissement. J'ai peur que ce conseil nuise à certaines mamans, donnant l'impression qu'il faut choisir entre un bon allaitement et un bon sommeil; moi-même, devoir choisir un ou l'autre exclusivement, je choisirais clairement le sommeil (dans ma situation actuelle avec un bébé de presque six mois--à un mois, j'aurais probablement priorisé l'allaitement, car un bébé de cet âge est trop jeune pour travailler ses habitudes de sommeil de toute façon! Il y a des zones grises aussi!) au dépens de l'allaitement.

Ironiquement, certaines méthodes de mon livre fétiche sur le sommeil sont, de l'aveu même du livre, plus facile à mettre en oeuvre si on nourrit au biberon plutôt qu'au sein; je pense ici notamment à "comment faire perdre à un bébé l'habitude de boire la nuit" (p. 48). L'allaitement et le sommeil sont donc ici aussi présentés comme difficiles à faire cohabiter. Évidemment, certaines des techniques du livre ont probablement été développées alors que l'allaitement n'était pas vraiment recommandé et beaucoup moins courant. Néanmoins, ça rejoint la recommandation des spécialistes en marketing de l'allaitement: outre de vanter les bienfaits du lait maternel, il faut soutenir les mères dans leur allaitement au quotidien, même dans les difficultés et avec les autres contraintes de la vie dont les besoins en sommeil--et ce soutien est encore malhabile, même en 2011.

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