lundi 23 novembre 2009

Situations délicates

Parfois, quand nos proches vivent des situations difficiles, c'est difficile de savoir quoi dire, quoi faire, quoi pas dire, quoi pas faire... Je sollicite votre avis sur deux cas!

Cas 1: un couple de notre entourage qui a des problèmes de fertilité. Ils ont consulté, tout semble beau médicalement parlant, mais la grossesse tant désirée n'arrive toujours pas après plus d'un an. Parfois ils nous en parlent un peu (par exemple, ils nous ont parlé de leurs consultations en fertilité). Parfois j'ai envie de leur demander des nouvelles, mais je ne veux surtout pas retourner le fer dans la plaie, donc je me la ferme... Je me doute que c'est quelque chose de gros pour eux, alors je me trouve poche de faire comme si de rien n'était... mais quoi dire? Surtout que pour nous ça a été très rapide pour concevoir notre fils, alors je ne peux pas dire que je suis passée par là... Et puis, comme nous voulons un autre enfant, je me demande comment on leur annoncera ça le jour venu. Ce qui n'est pas encore le cas, mais j'y pense déjà, j'ai peur qu'ils le voient comme une injustice, comme une claque dans le visage, alors qu'on ne peut pas faire grand chose pour les aider, peu importe comment ça se passe pour nous...

Cas 2: Des parents de notre entourage sont trop mous* avec leur premier enfant. L'enfant en question est le même genre de petit "smatte" que mon fils, mais ses parents se laissent mener par le bout du nez et c'est pire depuis l'arrivée de leur 2e (qui a plus d'un an et le 1er se sert encore de cette excuse pour faire passer ses mauvais comportements!). Vous comprenez que je ne peux pas écrire trop de détails ici, mais vous savez peut-être de quoi je parle... J'ai parfois envie de leur envoyer Dre Nadia ou SuperNanny! Leur dynamique avec leur enfant se détériore lentement mais sûrement, et si c'est comme ça a 3 ans, ça ne sera pas beau à 6, 8, 10, 13 ans... Un parent m'a même admis que cet enfant les manipulait. Il y a un peu de lucidité, donc il y a de l'espoir. Or, ils sont pareils avec leurs animaux de compagnie, donc ce n'est pas d'hier qu'ils sont trop mous. Par contre, je ne veux pas leur dire quoi faire. Tous les parents savent qu'on se fait toujours trop dire quoi faire... et puis je ne suis pas eux, il y a sûrement des pièces dans leur casse-tête dont je ne suis pas au courant. Et puis, je ne serais probablement pas meilleure qu'eux, à leur place! Je crois que c'est d'un petit coup de pouce professionnel dont ils ont besoin. Est-ce que ça se dit, ça? en tant qu'amie? "Consulte pour ton plus vieux, ça presse avant que ça dégénère!"? J'aimerais parfois tellement leur secouer les puces. Quand ils me parlent de problèmes précis, je leur suggère parfois des livres qui m'ont aidé dans ces situations et c'est bienvenu, mais c'est pas mal tout ce que je me permets, même si c'est pénible de les voir aller puisqu'ils sont malheureux de leur situation...

Vous, que feriez-vous?

*N'allez pas croire que je pense qu'il y a une seule façon d'élever des enfants. Il faut que chaque famille trouve son équilibre selon la personnalité des parents et des enfants, donc il y a autant de façons qu'il y a de familles. Par contre, quand des parents ne sont pas heureux de leur dynamique familiale, est c'est leur cas, certains changements peuvent faire la différence...

5 commentaires:

La Belle a dit...

Il y a quelqu'un de proche qui est en traitement d'infertilité et je me sens comme toi dans le sens où moi je n'ai pas de problème et puis je n'ose pas leur en parler. Par contre, si ils nous en parlent, je les écoute attentivement.

Pour ton deuxième cas, mes parents l'ont véçu avec la fille de la meilleure amie de ma mère. Malgré les conseils de ma mère et de d'autres personnes (car je sais que plusieurs personnes ont essayé d'en parler à ces parents), ils ont pris plusieurs années avant de consulter.

Sais-tu qui les a forcer à consulter.... Leur propre fils qui n'en pouvait plus des comportements de sa soeur ! C'est tout dire...

Marie-Hélène a dit...

Étant moi-même en traitement de fertilité (bien que pour des raisons probablement différentes de celles de vos amis), voici ce que j'en pense.

L'important, dans le fait de poser ou non la question, est notre motivation. À questionner par peur de passer pour un sans-coeur, on se donne beaucoup de chance de se le faire reprocher. Et vice-versa.

L'intention derrière votre question est ce qui transpirera. Et s'ils ne veulent pas en parler, ils vous le feront savoir avec autant d'amour.

Si vous décidez de leur poser la question par amitié, je vous suggère d'accepter que cela puisse possiblement les déranger. Si c'est le cas, vous aurez toujours l'occasion de leur exprimer votre impuissance devant ce qui leur arrive et votre hésitation entre la peur de "tourner le fer dans la plaie" ou de les négliger dans un moment difficile de leur vie.

Dites-vous que des vrais amis, peu importe comment ils aiment, font toujours du bien. Et votre silence ou votre empathie sera accueillie avec reconnaissance.

Marie l'urbaine a dit...

De mon côté, ce que j'apprécie le plus avec mes amies ou collègues qui tombent enceinte en claquant des doigts, c'est quand elles reconnaissent à voix haute que c'est une chance. C'est une façon généreuse de me dire : je reconnais que pour toi ce n'est pas évident (bon, dans mon cas ce n'est qu'une question de plusieurs mois chaque fois, et 2 grossesse/4 qui s'accrochent -donc 2 qui finissent en fausses couches !-... difficile mais pas dramatique, mais quand même).

En gros, dès que je sens qu'on reconnaît ce que l'autre vit, je sens qu'il y a du respect...

Est-ce que je m'exprime bien ?

Quant aux 2e cas, je te comprends, on sent qu'il serait délicat de dire quoi que ce soit mais mon Dieu que ne rien dire coûte ! Ma filleule a été diagnostiquée déficit de l'attention avec hyperactivité et les parents ne veulent pas qu'elle reçoive des services (orthopédagogie ou autre). Ça dure déjà depuis un an et je vois le temps passer sans qu'il y ait d'intervention avec inquiétude (les 1res années d'écoles sont si importantes !) Mais bon, j'ai beau être marraine, comment s'y prendre si les parents ne sont pas prêts ? (soupir)

Lucie a dit...

Merci les filles pour votre avis! Les deux Marie, j'apprécie particulièrement votre perspective d'avoir déjà vécu de l'infertilité, de l'attente, des fausses couches... Effectivement, ce que je voudrais surtout dire à mon couple d'amis c'est que je partage leur peine et que je leur offre mon écoute, à défaut de pouvoir faire autre chose.

Marie l'urbaine, pauvre ta filleule! Je peux comprendre des gens à qui les médicaments feraient peur (parce que ado, avant de voir dans ma famille comment des médicaments de psy peuvent être bénéfiques dans certains cas, j'étais moi-même absolument contre...), mais ça me dépasse que des parents refusent des interventions d'orthopédagogie ou autres du genre pour un enfant avec un TDAH!

Le cas de mes amis est moins pire; leur fille se comporte mieux à la garderie qu'à la maison (parce que mieux encadrée) donc je ne suis pas inquiète pour le jour où elle ira à l'école. Mais ça fait quand même mal de voir mes amis pris dans un cercle vicieux de mauvaise dynamique familiale...

tarzile a dit...

J'ai eu l'expérience avec une connaissance dont les enfants étaient insupportables. On a faim. On sert le repas. Je n'ai pas faim. On sort de table. Mouinnn j'ai faim. Sans parler du reste.

Je n'ai rien dit. Il aura fallu plusieurs preuves par comparaison avec d'autres enfants pour qu'une tentative de modification de la dynamique soit entreprise.

Je n'ai rien dit parce qu'on ne m'a pas demandé mon avis. Si on me l'avait demandé, la réponse n'aurait pas plu. Mais, des fois ...

C'était un cas superbe pour Super Nanny.

Bonne chance à eux !