lundi 1 décembre 2008

Le bébé comme analogie pédagogique

Attention! Alerte de nerdité légère (et vulgarisée).

Les analogies peuvent être utile pour vulgariser des concepts scientifiques ou techniques. Je trouve que les bébés sont une merveilleuse source d'analogies très pertinentes. Malheureusement (ou heureusement pour eux), la plupart des étudiants qui pourraient en profiter n'ont pas encore d'enfant (et dans bien des cas, c'est mieux qu'ils attendent quelques années encore avant d'en avoir!) et ne saisiraient pas à quel point ces analogies sont frappantes. Par contre, les parents qui lisent mon blogue seront sûrement d'accord avec moi. Voici donc les leçons du jour!

Première leçon: adsorption et absorption

Les mots "adsorption" et "absorption" se ressemblent, mais désignent deux phénomènes très différents.
L'adsorption est de fait de se fixer à une surface, au niveau microscopique. Par exemple, les filtres à eau ou à air au charbon activé retiennent les molécules de cochonneries
à la surface du charbon par adsortion.
L'absorption, au contraire, implique que quelquechose entre à l'intérieur d'une substance ou d'un corps. Par exemple, une vitre teintée absorbe une partie de la lumière.

L'analogie classique dans les cours de chimie, pour aider les étudiants à retenir la différence entre les deux, est un clown avec une tarte à la crème. La tarte qu'il reçoit en plein visage est adsorbée alors que celle qu'il mange est absorbée.

Je préfère l'analogie d'un bébé qui mange de la purée: une fraction de la purée est absorbée par le bébé alors que le reste sera adsorbé sur sa peau, la table, les murs, le plancher...

Deuxième leçon: les processus itératifs

Un processus itératif est un processus où on recommence de nombreuses fois la même opération dans le but d'obtenir un résultat. Après chaque fois (appelée itération), on est plus proche du résultat escompté. Au début du processus, le progrès après chaque itération est majeur. Par contre, plus on fait d'itération, plus l'avancement supplémentaire d'une itération est petit. Donc, plus on veut un résultat précis ou près de la perfection, plus il faut faire d'itérations. Par définition, on n'atteint pas contre jamais la "vraie" perfection. Par exemple, on peut utiliser un processus itératif pour calculer le plus de décimales possibles du nombre "pi" (environ 3.141592... c'est la proportion entre la circonférence d'un cercle et son diamètre, vous ne vous en rappelez pas nécessairement, mais vous avez déjà vu ça en géométrie à l'école!).

Si vous ne connaissiez pas déjà le concept d'itération, je soupçonne que cette explication ne vous dit rien du tout. J'y vais donc de mon analogie de bébé et vous allez tout comprendre, garanti!

Prenons donc l'analogie d'un bébé qui vient de manger. Lui et les environs sont plein de purée adsorbée (voir la première leçon). Le parent souhaite nettoyer le bébé et les environs. Le parent effectue donc un premier passage de la débarbouillette où il enlève une grande quantité de purée (première itération). Or, le bébé se re-salit à mesure avec la moindre purée restante. Le parent re-passe donc avec la débarbouillette (deuxième itération). Le bébé est plus propre et il reste moins de purée, mais le temps de procéder à l'itération, bébé a quand même trouvé la moindre parcelle de purée restante et se l'est étalée dans les cheveux ou le visage. Il faut donc procéder à une troisième itération, et ainsi de suite. Plus on fait d'itérations, plus bébé est propre, et moins on en enlève à chaque itération subséquente. Plus on est perfectionniste dans le nettoyage de bébé, plus il faut faire d'itérations...

Alors, aimez-vous mes analogies pédagogiques? ;-)

4 commentaires:

marie-pascale a dit...

j'adore et surtout, je vais me coucher beaucoup plus intelligente ce soir! :-)

Joa a dit...

Ah oui, j'adore!

Sof a dit...

Je viens de nettoyer fiston de sa purée de pruneaux; j'adore l'itération et j'en ferai part à Mari ce soir!!

Marie l'urbaine a dit...

LOL ! J'adore ! :)

P.S. As-tu une analogie scientifique pour expliquer qu'une maman aurait besoin que sa vie de famille déborde sur ses heures de travail ET que sa vie professionnelle déborde sur ses heures passées en famille, que ça fait un effet de succion dans les 2sens, pis que les to-do-list font des feux d'artifice avec tous phénomènes en frictions ?!