jeudi 9 décembre 2010

Allaiter un bébé hospitalisé

Suite à une récente visite à l'urgence avec P'tit Chou qui s'est poursuivie par un séjour à l'aile pédiatrique, je veux partager mon expérience d'allaitement dans tout ça. (P'tit Chou est en pleine forme, en passant! Ouf!)

À l'urgence
J'ai visité au moins trois chambres de l'urgence au fil des tests que nécessitait l'état de mon bébé. Vint un moment où nous ne faisions qu'attendre (comme dans toute salle d'urgence... pff!) et où P'tit Chou voulait boire. Il n'y avait dans cette salle que des tabourets à roulette et un lit qu'on ne peut pas relever en chaise longue. J'ai donc demandé à un préposé, un homme aux bras pleins de tatouages à qui j'avais déjà eu affaire plus tôt, si je pouvais avoir un siège plus approprié, au moins une chaise à dossier. Il m'a amené une berceuse et a tiré le rideau séparant la "salle" du corridor pour me donner plus d'intimité. De plus, il a fabriqué une pancarte "Attention, allaitement en cours :-)" (oui, avec un bonhomme sourire!) qu'il a épinglé au rideau pour ne pas qu'on me dérange inutilement! Vive les préposés pleins de tatouages!

Après l'admission
À l'aile de pédiatrie, un parent peut rester avec l'enfant en tout temps; des lits d'appoints sont fournis à cet effet. Comme mère qui allaite, je suis évidemment le parent qui est resté... Nous avions demandé une chambre semi-privée, puisque nous avons une assurance qui couvre ce type de chambre (et je plains sincèrement ceux qui sont pris dans une salle, faute de moyens; c'est inhumain de mettre jusqu'à quatre patients dans la même chambre!). Quand nous sommes arrivés, c'est toutefois une chambre privée qu'on nous a donné. Une infirmière m'a dit qu'ils essaient d'en donner systématiquement aux bébés allaités. Évidemment, puisque ça vient de l'hôpital, nous ne payons pas le surcoût par rapport à la chambre semi-privée. J'avoue que c'est la meilleure situation pour nous; moins de frais et une intimité optimale. Et un sommeil optimal. C'est déjà difficile de dormir à l'hôpital avec les interventions régulières (prise de signes vitaux, administration de médicaments) et les autres bruits, pompe à soluté qui sonne pour diverses raisons, bruit ailleurs sur l'étage, ambulances dehors...

Mon bébé a eu un soluté pendant presque tout le séjour. À deux mois et demie, il peut être difficile d'en installer un au bras comme pour les adultes. Il en a donc eu un à la tempe, ce qui lui faisait une petite corne ou une petite antenne, selon les points de vue, à laquelle il ne fallait pas toucher pour ne pas déplacer le cathéter. Je devais donc obligatoirement l'allaiter en madone d'un côté et en football de l'autre, pour toujours coller le côté de sa tête sans soluté contre moi. Pas facile, la position football, dans une berceuse pas large et avec un bébé de sa grandeur... Son soluté a éventuellement été changé pour une insertion dans une jambe. La position madone était maintenant possible des deux côtés, mais je devais éviter d'accrocher ses pieds ou de le laisser donner des coups de pied dans les bras de la même foutue berceuse... Tout ça pour dire qu'il y a à peu près toujours moyen d'allaiter même avec un soluté, mais que j'étais donc heureuse de voir la foutue tubulure enlevée à notre congé. Un bébé sans fil, c'est moins high-tech, mais c'est pas mal plus facile à manipuler!

5 commentaires:

Isabelle a dit...

un bébé sans fil...

Une histoire qui se termine heureusement bien. Et tant mieux si l'allaitement n'a pas été perturbé.

Clo a dit...

Wow, quelle "belle" expérience comparé à ce que j'ai vécu avec ma cocotte... comme elle avait du mal à respirer, elle ne se nourrissait plus... j'étais TELLEMEMT triste et inquiète !

Bravo au préposé aux tatous !

Manon a dit...

Bravo au préposé et félicitation à la maman qui a tenue le coup dans cette aventure!



Pour les "salles", moi j'ai vécu une belle expérience d'une chambre à 4 enfants à Ste-Justine. Mais je n'allaitais plus, ma cocotte avait 22 mois et avait besoin d'une chirurgie pour correction de malformation anale causant la constipation chronique. De mémoire, 4 dans la chambre, c'est parce qu'il n'y avait rien d'autre à offrir à ce moment-là.

Ce que j'ai retenu de l'expérience de la chambre à 4: la coopération entre parents. Mon conjoint ne pouvait venir me relayer facilement. Une maman m'a offert de surveiller ma cocotte le temps d'aller chercher un lunch. J'ai fait de même avec une autre maman. Quand même sur 3 jours, il faut bien manger de temps en temps!

Mymybelle a dit...

Bien contente que tout se termine bien!! Au contraire! Ce sont les appareils sans fils qui sont high tech! :) Tu as eu un bébé "ancienne version" durant ce séjour à l'hôpital.

Une petite perle ce préposé aux tatouages!! Comme quoi c'est un gros préjugé de dire que les gens tatoués sont "méchants"! ;P

C'est malheureusement bien ancré dans l'imaginaire des gens. Mon chum installait des télévisons dernièrement et tant que le client n'avait pas vu ses tatou tout allait bien sinon, le client devenait soudainement distant...

Valérie-Ann a dit...

Je lis ton histoire avec nostalgie, car je me souviens que mon fils a aussi dû être hospitalisé dans sa première année, deux fois trois jours pour son asthme non maîtrise... Et au même hôpital! :) Nous n'avions pas d'assurances à l'époque, mais comme mon fils nécessitait un certain niveau d'isolation nous avons eu une chambre semie-privée sans frais, et sans coloc... ;)

Le personnel est tellement fin, sensible et délicat sur l'étage pédiatrique, quand je suis sortie, j'ai fait quelques dons à l'équipe: des pantoufles de bébé et des marionnettes à doigts que j'avais eu le temps de tricoter pendant mon séjour, un surplus de couches jetables que je n'utiliserais pas à la maison (les couches de coton à l'hôpital, c'est ingérable!)... Mon fils est sorti de l'hôpital, mais je pense encore à ceux que j'ai vu et qui n'ont peut-être pas cette chance...