jeudi 19 février 2009

La liste

Voici une anecdote de mon adolescence.

C'était en 1990. J'avais 13 ans et je gardais les deux filles d'une voisine, âgées respectivement de quelques mois et 2 ans. La plus jeune dormait dans sa bassinette dans le sous-sol et je jouais avec la plus vieille au rez-de-chaussée. En haut de l'escalier se trouvait une porte, fermée à clé par le genre de poignée qu'on pousse en tournant (utilisée souvent dans les toilettes; parfois, on peut la débarrer de l'extérieur à l,aide d'une simple tige, mais dans ce cas il fallait une clé). Ainsi, si on arrivait du bas, on pouvait l'ouvrir sans problème et si on était en haut, la clé était accrochée à un clou juste à côté. Le but était que la plus vieille ne descende pas l'escalier seule.

Après un moment, une heure environ, je décide d'aller voir si la plus jeune va bien. Je me doutais qu'elle dormait encore puisque je ne l'entendais pas, mais puisqu'elle était si loin et qu'il n'y avait pas de moniteur de bébé, je voulais m'assurer de son bon sommeil. Quand j'ai voulu ouvrir la porte en haut de l'escalier, je n'en ai pas été capable: la clé ne fonctionnait plus!

Une série de crochets au-dessus du comptoir de cuisine supportait plusieurs porte-clés bien garnis. J'ai donc essayé toutes ces clés, sans succès.

Le sous-sol de cette maison avait déjà été un logement indépendant et comportait 2 sorties extérieures. J'ai ensuite essayé toutes les clés de la maison dans les serrures de ces portes, encore une fois sans succès.

Il n'y avait pas d'urgence puisque la petite dormait et qu'il n'y avait pas le feu, mais je prévoyais qu'elle se réveille avant que ses parents ne reviennent et je n'aimais pas qu'elle soit ainsi embarrée... C'était en 1990, bien avant que les téléphones cellulaires ne soient courants. (C'était aussi avant l'internet, imaginez.) Je ne pouvais donc pas rejoindre les parents, qui ne m'avaient pas laissé non plus de numéros au-cas-où. J'ai donc appelé ma mère! Elle m'a suggéré de mettre du crayon à mine sur la clé pour lubrifier la serrure, ce qui n'a pas fonctionné. Je ne pouvais pas enlever la serrure ou la porte, puisqu'aucune vis n'était apparente.

Éventuellement, le bébé s'est réveillé. Je n'attendais pas la mère avant quelques heures encore. Ça devenait donc urgent de pouvoir aller la chercher!

J'ai voulu tenter d'enlever une fenêtre du sous-sol par l'extérieur. Je me rappelle avoir demandé à la petite de deux ans et quelques mois: "Avez-vous des outils dans la maison? Un marteau, un tourne-vis?" (je ne comptais pas utiliser de marteau, mais je ne savais pas si à deux ans on sait ce que sont "des outils"...) et la petite blondinette de me répondre candidement: "Oui, mais, ils sont en bas!" (avec exactement l'air que mon fils fait ces temps-ci quand on lui demande où est quelqu'un d'absent et qu'il répond "est pas là!")

J'ai rappelé ma mère. Heureusement, elle était à la maison et je gardais chez nos deuxièmes voisins. Elle est donc venue me rejoindre avec quelques outils. C'était d'ailleurs bien d'être deux, puisque tout en cehrchant à libérer la petite, nous avions la grande à surveiller. Heureusement, elle était très sage et nous pouvions effectuer nos tentatives de manoeuvres. Peine perdue, pas moyen d'enlever les fenêtres de l'extérieur. Nous ne sommes pas de bonnes cambrioleuses...

Nous avons donc décidé d'appeler un serrurier, ayant épuisé toutes les autres options. En cas de vraie urgence nous aurions fait appel à la police, mais nous jugions que ce n'était pas si urgent, sans toutefois pouvoir attendre des heures. Nous avons cherché un annuaire de pages jaunes pour trouver un serrurier. Nous avons regarder partout où il était raisonnable de le faire (garde-manger, armoires de cuisine, bibliothèques du salon...), sans exagérer (il y avait peu de chance que l'annuaire soit dans leur chiffonnier!). Introuvable. Ma mère est donc retournée chez nous en chercher un.

Nous avons téléphoné à un serrurier qui, après avoir confirmé qu'il pouvait nous envoyer quelqu'un immédiatement, nous a demandé l'adresse. Hum! Mystère! Nous ne nous étions jamais demandé leur adresse, c'étaient nos deuxièmes voisins, tout simplement. Leur maison était au coin de notre rue mais avait son adresse sur l'autre rue; or nous passions toujours par la porte arrière pour aller chez eux! Nous n'avions donc jamais remarqué les chiffres... La réponse a toutefois été rapide à trouver; nous sommes sortis dehors regarder la plaque à côté de la porte. La question suivante était plus délicate: le numéro de téléphone! Il n'était pas écrit sur le téléphone et nous ne l'avions pas sur nous. Il était écrit dans mon agenda, resté chez moi, et sur le babillard à côté du téléphone chez nous... Le serrurier nous trouvait vraiment étrange et il nous a fallu expliquer la situation peu ordinaire qui requérait ses services! En prenant notre numéro de téléphone et notre adresse en plus du nom de ma mère, pour s'assurer d'être payé, il a accepté de venir chez la voisine. Le serrurier chargeait quarante dollars pour un déplacement d'urgence; une chance, ma mère les avait! À 13 ans, je ne gardais jamais plus de 20$ sur moi...

Pendant ce temps, nous allions aussi souvent que possible voir la petite par la fenêtre à côté de sa bassinette. La pauvre pleurait et devait se demander, du haut de ses quelques mois, pourquoi nous lui parlions par la fenêtre au lieu d'aller la chercher...

Le serrurier arrivé, il n'a fallu que quelques secondes pour ouvrir la fameuse porte et aller chercher la petite qui. Plus tard, à l'arrivée des parents, la mésaventure leur fut racontée et, facture à l'appui, ils nous ont rapidement remboursé les frais de serrurier.

Pourquoi je vous raconte ça? Hé bien, c'est suite au billet de Martine la banlieusarde qui parle de pharmacie. À sa pharmacie bien garnie, je rajoute une liste de numéros de téléphone.

Parce que, il faut idéalement toujours laisser une liste de numéros d'urgence bien en vue, idéalement près d'un téléphone ou près de la porte d'entrée la plus utilisée. C'est bien beau que tout le monde connaît le 9-1-1 et qu'info-santé a maintenant un autre numéro facile à retenir, le 8-1-1, mais si on a besoin d'un taxi ou d'un serrurier, mieux vaut ne pas avoir à perdre son temps dans le bottin ou sur le web. Et en cas d'empoisonnement suspecté, mieux vaut appeler le centre anti-poison (1-800-463-5060) que info-santé, croyez-moi (malheureusement d'expérience); or, combien savent ce numéro par coeur?

C'est aussi une bonne idée d'ajouter à cette liste le nom complet de chaque membre de la famille ainsi que l'adresse et le numéro de téléphone de la maison , même si la technologie fait que généralement ces infos sont disponibles à notre interlocuteur téléphonique, du moins avec le téléphone "ordinaire". Si votre gardienne appelait une ambulance de son cellulaire, elle aurait besoin de ces infos! C'est une autre bonne idée de noter une rue transversale ou une intersection majeure proche pour aider les répondants à arriver plus vite. Enfin, on peut ajouter les noms et numéros de téléphone de quelques proches à contacter en cas d'urgence*. Comme parents, ajouter aussi nos numéros de cellulaires, pour les gardiennes. NE PAS compter que matante unetelle qui est votre principale gardienne a ces numéros sur son cell; des plans pour qu'elle l'ait oublié ce jour-là ou que bébé l'ait lancé dans le bain...

Et enfin, surtout si on n'a pas de cellulaire (ce qui est mon cas), laisser en plus de ze liste les coordonnées des parents ou amis qu'on visite ou du resto ou du cinéma où on va. En cas d'urgence extrême, on sera retrouvés plus facilement.

Ça a l'air niaiseux de prendre de telles précautions et cette liste ne servira probablement jamais--mais c'est ce qu'on espère!

*À ce sujet, je vous suggère aussi d'ajouter ces personnes dans les contacts de votre cellulaire avec ICE avant leur nom (dans le sens de In Case of Emergency), pour que si un accident vous rend confus ou inconscient, les secouristes qui trouveront votre cellulaire sachent qui appeler.

4 commentaires:

Marie-Michèle a dit...

C'est une très bonne idée ce que tu dis. Ce sont des précautions à prendre ! Le genre de précaution qu'on prend et qu'on n'a jamais besoin, ou alors qu'on ne prends pas et qu'on aurait dont dû le faire...lol Merci !

La Belle a dit...

C'est une super bonne idée. On ne pense pas souvent à ces petits trucs, mais ça peut sauver du temps ! Merci d'avoir pris le temps de partager ta petite histoire !
Je l'ai ajouté à ma To Do List avant qu'il soit trop tard...

Tarzile a dit...

QUelle histoire. Tu as raison pour la liste. J,en avais une. Ma fille a gardé chez des gens dont la porte d'entrée ne s'ouvre que très mystérieusement. Elle m'a fait remarquer qu'en cas d'incendie, leur système est très dangereux. Des fois, on veut bien faire...

Lucie a dit...

Tarzile, s'il y avait eu le feu, je n'aurais pas hésité à casser une fenêtre du sous-sol! Mais comme c'était moins urgent, je voulais limiter les dégâts matériels...